Les broussailles

2020-2021

Vue de l'exposition collective Dé/cloisonner. Centre d'artistes Caravansérail, Rimouski. Crédit photo : Fanny Basque.

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Vue de l'exposition collective Dé/cloisonner. Centre d'artistes Caravansérail, Rimouski. Crédit photo : Geneviève Thibault.

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Vue de l'exposition collective Dé/cloisonner. Centre d'artistes Caravansérail, Rimouski. Crédit photo : Fanny Basque.

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Les Broussailles, 2020-2021. Contre-plaqué, gesso, crayons de couleur, dimensions variées, allant de 30,5 x 30,5 à 46 x 33,5 cm.

Dans des panneaux de contreplaqué, j’usine des motifs aléatoires avec des outils oscillants ou rotatifs. Je masque le pourtour de ruban, puis je roule un apprêt à la surface. Sur le blanc séché, je délinée en gris perle les signes d’images figuratives, avec pour modèles des photos prises en confinement. Elles montrent, de l’intérieur, des espaces habités en perspective. J’y tronque figés : meubles, récipients, végétaux, pans ou fenêtres. J’enlumine peu à peu l’ébauche par itération de traits de couleurs analogues. Dans le cerceau d’une lampe-loupe, je plonge le regard contre le bois et comble ses stries à la mine. Immergée, je confonds les nuances dans les sillons de matière ligneuse. Sur les amas crayonnés, je préserve la lumière ou je stratifie les ombres. Tandis que plusieurs sujets se prolongent à l’extérieur des images, certains à l’aspect de métal, d’albâtre ou de verre chatoient des reflets : j’instille l’idée que hors-champ, la vie se poursuit ailleurs. Les limites de la sphère intime s’y trouvent évoquées.

 

Cette nouvelle pratique du dessin sur bois s’est sédimentée dans mon quotidien lors d’une quarantaine au retour d’Argentine en mars 2020. En confinement, j’ai ainsi cumulé quelques expérimentations, tout à fait différentes de ce que j’avais produit depuis 2011. Le façonnement de la fibre et la répétition manuelle typique du textile que je retrouve en crayonnant les nuances semblent les aspects inhérents à ma démarche d’avant la pandémie. En outre, j’invitais souvent le public à contribuer à mes installations. L’isolement m’a donc guidée vers une approche intime, intuitive et figurative. Prise en vase clos, j’ai surmonté la solitude par l’esprit et le travail, sans chercher à la fuir.